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Où acheter dans le Grand Montréal : ce que la ville change vraiment à votre facture

Par Home Judge · Publié le 9 sept. 2026

Sous 500 000 $, le choix de la ville ne change rien à votre taxe de bienvenue : les tranches sont provinciales et identiques dans 57 des 59 municipalités du Grand Montréal. Au-dessus de ce seuil, une municipalité peut imposer ses propres taux, et l'écart se compte alors en centaines ou en milliers de dollars pour la même maison.

Ce que la ville ne change pas

Les droits de mutation immobilière, la « taxe de bienvenue », sont fixés par une loi provinciale. Elle impose à chaque municipalité un barème minimum par tranches, indexé chaque année. Pour 2026, les seuils sont 62 900 $ et 315 000 $, avec des taux de 0,5 %, 1 % et 1,5 %.

Conséquence concrète : pour une maison à 350 000 $ ou à 450 000 $, la taxe est exactement la même à Montréal, à Laval, à Longueuil, à Terrebonne ou à Saint-Jérôme. Respectivement 3 360,50 $ et 4 860,50 $. Une personne qui choisit la couronne nord plutôt que l'île en pensant économiser sur ce poste-là ne gagne rien. La question « où acheter » ne se décide pas sur la taxe de bienvenue tant qu'on reste sous le demi-million.

Où la ville change la facture

La loi permet à une municipalité de fixer un taux plus élevé sur la portion du prix qui dépasse 500 000 $, jusqu'à 3 %. Deux villes de la région s'en servent, et de deux manières très différentes.

Montréal applique ses propres tranches supérieures, qui montent progressivement. L'écart avec le barème provincial n'apparaît qu'au-delà d'environ 600 000 $, puis se creuse :

  • à 550 000 $ : aucun écart, 6 360,50 $ comme partout ailleurs ;
  • à 650 000 $ : 8 349 $ à Montréal contre 7 860,50 $ ailleurs, soit 488,50 $ de plus ;
  • à 800 000 $ : 11 349 $ contre 10 110,50 $, soit 1 238,50 $ de plus.

Mascouche a choisi le maximum permis, 3 % sur tout ce qui dépasse 500 000 $. L'effet est brutal et immédiat :

  • à 550 000 $ : 7 110,50 $, soit 750 $ de plus qu'ailleurs ;
  • à 650 000 $ : 10 110,50 $, soit 2 250 $ de plus ;
  • à 800 000 $ : 14 610,50 $, soit 4 500 $ de plus.

À 800 000 $, la même maison coûte donc 4 500 $ de plus en taxe de bienvenue à Mascouche qu'à Terrebonne, sa voisine immédiate. C'est un argument de négociation, pas seulement une ligne de budget : ce montant est payable en un seul versement dans les mois qui suivent la prise de possession, et il ne s'hypothèque pas.

Les trois choses qui comptent davantage

La taxe de bienvenue se paie une fois. Trois autres postes se paient chaque année ou chaque mois, et ce sont eux qui décident si un secteur est tenable.

Le compte de taxes municipales et scolaires. Chaque ville publie son taux, exprimé par 100 $ d'évaluation, et il varie sensiblement d'une municipalité à l'autre. Deux maisons de valeur identique dans deux villes voisines peuvent avoir des comptes de taxes qui diffèrent de plusieurs centaines de dollars par année. Ce taux se trouve sur le site de la ville, et il est le seul chiffre fiable : ne vous fiez pas à une moyenne régionale.

Le transport. Un aller-retour quotidien plus long coûte en essence, en usure et en péage s'il y en a, mais surtout en temps. Comptez le coût réel du déplacement sur cinq ans avant de conclure qu'une banlieue est moins chère.

Ce qui manque et qu'il faudra ajouter. Une maison moins chère l'est souvent pour une raison : toiture en fin de vie, drain français d'origine, sous-sol non fini, système de chauffage à remplacer. Le prix d'achat n'est pas le prix de possession.

Comment comparer deux villes en dix minutes

  1. Prenez le même prix dans les deux villes et calculez la taxe de bienvenue pour chacune. Sous 500 000 $, arrêtez : c'est identique.
  2. Cherchez le taux de taxation de l'année en cours sur le site de chaque ville et appliquez-le à l'évaluation de la maison, pas au prix demandé.
  3. Additionnez le coût mensuel réel : hypothèque, taxes, chauffage, assurance, entretien. C'est ce chiffre-là, et non le prix affiché, qui vous dit ce que vous pouvez tenir.
  4. Vérifiez la base de calcul de la taxe de bienvenue : ce n'est pas toujours le prix payé, mais le plus élevé du prix et de l'évaluation municipale multipliée par le facteur comparatif de l'année.

Ce qu'il faut vérifier avant de choisir un secteur

Une ville se juge sur des documents publics, pas sur une impression. Avant de restreindre votre recherche à une municipalité, regardez son règlement de mutation en vigueur, son taux de taxation de l'année, et si un secteur vous intéresse, la carte des zones inondables et le plan d'urbanisme. Ces quatre documents sont gratuits et publics, et ils répondent à plus de questions que n'importe quel palmarès de quartiers.

Un dernier point d'honnêteté : les prix médians par quartier que publient les associations de courtiers changent chaque trimestre et ne disent rien de la maison que vous regardez. Une médiane ne s'achète pas. Ce qui s'achète, c'est une maison précise, avec son évaluation, son compte de taxes, son année de construction et ses défauts. Comparez celle-là.

FAQ

Est-ce que la taxe de bienvenue est plus élevée à Montréal qu'en banlieue ?

Seulement au-dessus d'environ 600 000 $. En dessous, le barème provincial s'applique partout de la même façon et le montant est identique à Montréal, à Laval ou à Terrebonne. À 800 000 $, l'écart atteint 1 238,50 $ en faveur de la banlieue, sauf à Mascouche où c'est l'inverse.

Quelle ville du Grand Montréal a la taxe de bienvenue la plus élevée ?

Mascouche, pour toute maison au-dessus de 500 000 $. Elle applique le maximum permis par la loi, 3 % sur l'excédent, ce qui donne 4 500 $ de plus qu'ailleurs sur une maison de 800 000 $. Montréal vient ensuite, avec ses propres tranches supérieures, plus progressives.

Puis-je inclure la taxe de bienvenue dans mon hypothèque ?

Non. C'est un montant payable comptant, réclamé par la municipalité dans les mois qui suivent la prise de possession, généralement entre trois et six mois. Il s'ajoute aux frais de notaire et d'inspection dans l'argent que vous devez avoir de côté en plus de la mise de fonds.

Le calcul se fait-il sur le prix payé ou sur l'évaluation municipale ?

Sur le plus élevé des deux, l'évaluation municipale étant d'abord multipliée par le facteur comparatif publié par la ville pour l'année. Une maison achetée sous l'évaluation indexée est donc taxée sur cette évaluation, pas sur le prix réellement payé.

Vaut-il la peine de choisir une ville seulement pour ses taxes ?

Non. La taxe de bienvenue se paie une fois, alors que le compte de taxes municipales et scolaires revient chaque année et que le coût du transport revient chaque jour. Comparez le coût mensuel réel sur cinq ans avant de trancher.

Sources

Faites le calcul

À lire ensuite

Ce guide explique la règle. Collez le lien d'une inscription et nous l'appliquons à cette maison.